Tout processus électoral implique une victoire et une défaite. Souvent les candidats malheureux accusent les médias de ne pas leur accorder autant de temps de parole qu’ils consacrent à d’autres politiciens plus populaires.
Européennes, législatives, municipales, présidentielles, les politiciens n’ont qu’un but en tête, passer le plus de temps possible devant une caméra, afin de communiquer leur message au plus grand nombre.
Aux Etats-Unis les leaders des petits partis, ceux qui dénoncent l’influence des lobbies et des marchands d’armes sont les plus ignorés.
Pourquoi ? Par ce qu’ils évoquent trop souvent des sujets qui concernent directement les propriétaires des gros groupes médiatiques : dépenses déficitaires superflus, gaspillages de fonds au profit des marchands d’armes ou d’entrepreneurs militaires sous contrat avec le gouvernement.
Les groupes qui possèdent les médias américains sont les lobbies les plus puissants, les marchands d’armes et ceux qui profitent en premier des contrats militaires en temps de guerre.
Les compagnies d’assurances et d’autres grosses institutions financières possèdent les plus grandes chaines de télé, radios, journaux et même des fournisseurs d’accès à internet. Des lois qui limiteraient le monopole des médias les handicaperaient à tel point qu’ils préfèrent que ces sujets restent en dehors des débats télévisés et des journaux.
Ces petits partis dénoncent les budgets militaires et cela dérange les méga corporations et les holdings qui sont majoritairement propriétaires des médias américains.
Fox News, par exemple, qui revendique un journalisme de droite américain appartient à Rupert Murdoch, un fervent républicain. Les reportages et éditoriaux diffusés sur cette chaine sont principalement consacrés à discréditer les représentants du parti démocrate. Ils sont à l’extrême opposé d’un journalisme objectif ou éthique.
Toutes les autres conglomérés médiatiques suivent le même chemin : elles sont affiliées ou appartiennent à de grosses multinationales qui génèrent des profits quand les Etats-Unis sont en temps de guerre.
Pour plus d’une raison les médias américains multiplient leurs revenus en temps de guerre. Plus d’audience, plus de revenus publicitaires, mais aussi moins de diversité dans les choix de sujets, plus de temps d’antenne aux faits divers. Ces derniers font rapidement grimper l’audimat et sont bien plus faciles à produire qu’un reportage qui demande une enquête, l’analyse d’une information ou de la réflexion.
Il n’est donc pas surprenant que les médias aux Etats-Unis préfèrent promouvoir des candidats traditionnels, démocrates ou républicains.




